Souvenez-vous, ce 04 Août 1789, l’Assemblée Constituante de notre révolution décidait d’abolir les privilèges.
Finie cette noblesse qui se croyait au-dessus des Lois et qui se nourrissait de la misère du peuple en se croyant tout permis. Non seulement elle se croyait supérieure au commun des mortels mais de plus saignait ces mêmes mortels en leur prenant les maigres économies qu’ils avaient patiemment économisées.
Quelques milliers de têtes furent raccourcies pour bien faire entrer cette nouvelle donne dans les mœurs.
Las, 222 années ont passées et nous nous apercevons qu’une nouvelle caste s’est établie, reprenant à son compte les anciens –mauvais- penchants de nos aristocrates d’alors : fortune colossale, difficilement imaginable pour le commun des mortels, train de vie ostensible et mépris à peine caché pour le « petit peuple ». Certains pourtant prétendent œuvrer pour ces manants, faisant leur devoir de les persuader que la vie leur serait meilleure s’ils les écoutaient et les élisaient. Des promesses jamais réalisées sauf pour leur propre train de vie et leur égo surdimensionné.
De même, comme les rois, ils s’adjugent de trousser soubrettes qui leur plaisent dans les coins de chambre ou de sanitaires. L’on dit que nos rois en usaient ainsi, à la différence que les élues étaient plutôt honorées. Nulle ne s’est jamais plainte des faveurs de notre « Vert Galant » (pour rappel « vert galant » est l’expression consacrée pour un homme d’un certain âge, entreprenant). En nos temps modernes, voilà que ces soubrettes se révoltent et ne se rendent pas compte de l’honneur qui leur est fait d’être « choisie » pour assouvir les nouveaux princes, quelle audace que de contredire « les puissants » !
Vous voyez, rien n’a changé ; la révolution de 1789 s’est contentée de remplacer une population de nantis par une autre.
Non, c’est vrai, une chose a changé : nos aristocrates étaient indéniablement plus cultivés et mieux éduqués que ceux qui les ont remplacés.
Je n'ai hier qu'enlevé une phrase du texte sur les relations enfant/enseignant. Il vous aurait révélé que l'auteur en était un religieux. Je vous le donne en entier ce jour.
Saint Pierre Julien Eymard (1811-1868)
« Ne pas donner trop ni à la crainte ni à l’amour, mais exercer sur l’enfant cette sage autorité qui s’appuie à la fois sur l’estime, le respect et l’affection. L’œuvre sainte de la moralisation d’une âme est une œuvre d’estime et d’amour. C’est par ces deux leviers puissants que l’éducateur arrivera jusqu’à la confiance qui se prête, jusqu’à l’amour qui se donne…L’éducateur obtiendra cette estime en se montrant aux yeux de son élève un homme supérieur par son caractère, par la discrétion et le tact, par ses lumières et sa prudence. Mais l’estime ne suffit pas, il faut encore de l’amour…
Pour être aimé de ses élèves, il faut les aimer le premier ; les aimer de cette affection impartiale, qui sait résister à l’attrait de la sympathie, toujours exclusive ; faire taire des préférences parfois bien légitimes, pour répandre sur tous également sa sollicitude et sa tendresse. Chaque élève veut avoir tout le cœur de son maître. Il faut les aimer de cette affection généreuse et désintéressée, qui se donne sans espérance de retour, qui ne veut que le bien de ses enfants, de cette affection désintéressée que l’enfant lui-même sait toujours apprécier, alors même qu’il y correspond si peu. Il faut les aimer de cette affection qui se fait accepter sans violence, qui se met à la portée du jeune âge et jamais à son niveau. »