mardi 17 janvier 2012

Mardi 17 Janvier 2012

Ah! Ah! Ah! et triple Ah!
Sincèrement ces gesticulations m'intéressent autant que la fin du monde pour Décembre 2012... On nous dit, on nous vend n'importe quoi et surtout on s'amuse à s'exciter sur tout ce qui bouge.

Une prochaine loi (une de plus) va obliger les services de la Justice à spécifier la dangerosité, les soupçons, les mises en examen et les peines encourues par un mineur avant qu'il ne soit admis dans un établissement d'enseignement. Cette obligation pour éviter que ne se reproduise le drame de Chambon sur Lignon et préserver une autre petite Agnès.

Comme toutes ces décisions qui surviennent après un fait divers, on regrette que l'attentisme de notre système judiciaire ne déteigne pas sur les législateurs.

"Il faut faire quelque chose", belle maxime des blessés et des bons paroissiens!
Dans le cas présent, c'est surtout trouver un bouc émissaire désigné : le chef de l'établissement accueillant.
Je m'explique.
Je suis directeur d'un internat; "on" me présente un jeune en difficulté et on m'avertit qu'il est sous le coup d'un jugement pour viol ou autres atrocités... J'ai deux solutions. Je ne prends pas de risque et refuse la candidature.
Tranquille.
C'est sans doute ce qui arrivera neuf fois sur dix parce que, supposons que j'écoute mon éthique d'éducateur, de pédagogue ou de parent et j'accepte le ou la jeune dans mon établissement. Si tout va bien, pas de problème...comme toujours.
Mais si il y a un problème, une récidive, un incident ou un drame qui montrera-t-on comme le responsable de tous les maux et de l'horreur survenue, Le chef d'établissement !!!

IL SAVAIT !

C'est lui le coupable, le monstre qui a fait entrer l'assassin au milieu de nos jeunes. 
La Justice, le médical s'empresseront de faire savoir qu'ils avaient alerté l'établissement.
"Lavabo inter innocentes"...
Que toutes les calamités retombent sur ce responsable désigné, qu'il soit jugé, condamné et puni. On s'occupera peut-être même de cet adulte "coupable" avant le jeune.

J'ai une autre interrogation, encore moins consensuelle : J'en ai vu des sauvages en quarante deux ans de métier, pour un jeune, un enfant, il n'y a jamais rien de définitif, à l'adolescence, heureusement....
Le meurtrier de Chambon était un cas abominable, mais pour ce cas, combien de jeunes ne pourrons pas être aidé et seront relégués en marge de la société. Pour beaucoup d'entre eux, ce n'est pas la faute d'un moment qui définira leur vie d'adulte.
Le risque zéro n'existe pas, la Justice, le médical, l'éducatif travaillent sur de l'humain, pas sur des machines.
La certitude, nul ne l'a, ni dans le positif, ni dans le négatif et il n'y a que les sots pour être sûrs du devenir d'un enfant.
Croyez moi, je ne sais pas grand chose, mais cette vérité là, oui.

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